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L’égalité des genres et la durabilité au cœur de l’action du secteur privé

2 novembre 2021

Depuis plus de cinq ans, le CRDI favorise le mouvement des entreprises et des fonds d’investissement qui poursuivent des objectifs sociaux et environnementaux, en plus du profit. 

Ce mouvement prend de l’ampleur et de l’importance. Par exemple, le Secretaría General Iberoamericana a récemment estimé qu’il existait 170 000 entreprises à but précis en Amérique latine, au Portugal et en Espagne, représentant 6 % de leurs économies totales et employant près de 10 millions de travailleurs. Le Global Impact Investment Network a estimé la taille du marché mondial de l’investissement d’impact à 715 milliards de dollars américains (environ 885 milliards de dollars canadiens) en 2019. Les répondants à son enquête ont fait état d’une croissance annuelle de 12 % de l’investissement de capitaux à impact depuis 2015.  

Le CRDI appuie la production de données probantes de qualité afin de mobiliser la contribution des entreprises aux objectifs de développement durable. Cette recherche cherche à aller au-delà des actions du secteur privé responsables sur le plan social et environnemental, en faveur d’une transformation du rôle des entreprises et des investissements dans la société. Les volets du soutien à la recherche ont porté sur : 

  • gérer et analyser l’impact 

  • comprendre les contributions des investisseurs à l’égalité des genres, y compris l’économie des soins 

  • favoriser la création d’un réseau d’entreprises respectueuses de l’égalité entre les genres 

  • améliorer les politiques publiques et les réglementations dans lesquelles ces entreprises opèrent 

  • former la prochaine génération de chefs d’entreprise pour faire progresser les objectifs de développement durable 

Outils pour mesurer et gérer les impacts positifs  

Pour qu’un plus grand nombre d’entreprises s’aventurent dans la sphère des entreprises à but précis et atteignent leurs objectifs, elles ont besoin d’outils et de méthodes de prise de décision pour mesurer si elles œuvrent efficacement en faveur de l’égalité des genres, de l’inclusion et de l’action climatique. 

Par exemple, le gestionnaire d’intervention des objectifs de développement durable est un outil de gestion de l’impact disponible en cinq langues pour aider les entreprises à comprendre l’impact de leurs opérations, de leur chaîne d’approvisionnement et de leur modèle commercial sur les objectifs de développement durable pertinents. Il a été créé avec le soutien du CRDI par le Pacte mondial des Nations Unies et B Lab, l’organisme qui certifie les entreprises en tant que sociétés certifiées B, qui respectent les normes les plus élevées en matière de performance sociale et environnementale vérifiée. En mai 2021, plus de 15 000 entreprises avaient accédé au gestionnaire d’intervention des objectifs de développement durable et 1 700 s’y étaient engagées de manière significative. B Lab a utilisé les données agrégées de cet outil pour évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement durable, et a conclu, dans un rapport récemment publié, que les efforts du secteur privé doivent être plus ambitieux et stratégiques si le monde compte atteindre ces objectifs mondiaux d’ici 2030.  

Le CRDI a appuyé l’élaboration de plusieurs autres outils de gestion de l’impact permettant aux entreprises de définir des objectifs sociaux et environnementaux et de mesurer les progrès réalisés à cet égard. Poverty Stoplight est une enquête d’auto-évaluation destinée aux employés et développée par la Fundación Paraguaya. Elle permet aux entreprises de comprendre la qualité de vie de leur personnel et la façon dont elles peuvent l’améliorer. Un autre partenaire de recherche du CRDI, SOPHIA Oxford, intègre le genre dans son indice de pauvreté multidimensionnelle des entreprises afin que ces dernières puissent concevoir des plans plus inclusifs pour réduire la pauvreté. 

Se concentrer sur les investissements dans une optique sexospécifique  

Les investisseurs d’impact sont des fonds d’investissement qui cherchent à générer simultanément des rendements sociaux et financiers élevés, et ils souhaitent de plus en plus à ajouter une analyse de genre à leur évaluation des entreprises dans lesquelles ils investissent. 

Intellecap, l’organe consultatif d’un investisseur d’impact basé en Inde, a profité du soutien du CRDI pour documenter plusieurs aspects de l’investissement avec une optique sexospécifique. Cette approche vise à bénéficier aux femmes en tant que travailleuses, fournisseuses ou bénéficiaires de produits ou services essentiels qui améliorent leur qualité de vie. Intellecap a publié un rapport sur les stratégies des investisseurs avec une optique sexospécifique dans le monde entier. Au Kenya, au Rwanda, en Inde et en Indonésie, l’équipe a également analysé les modèles commerciaux adoptés par les femmes entrepreneurs, les défis auxquels ces dernières sont confrontées et la manière dont ces défis influent sur l’accès au capital et au soutien. 

 Les soins et le travail domestique sont des obstacles majeurs à l’autonomisation des femmes et des filles, et pourtant, jusqu’à présent, ils n’ont pas fait l’objet d’une attention particulière de la part du secteur de l’investissement d’impact, qui est en pleine expansion et qui tient compte de la dimension de genre.  

Des solutions innovantes basées sur le marché pour reconnaître, récompenser, réduire et redistribuer les activités de soins sont en train d’émerger, y compris des modèles commerciaux pour fournir des services de garde d’enfants abordables et de qualité aux communautés mal desservies, ou pour améliorer les conditions de travail des travailleurs de l’économie des soins. En s’appuyant sur les leçons tirées de recherches antérieures sur l’économie des soins, le CRDI est le fer de lance de la production de connaissances dans ce nouveau domaine de recherche afin de documenter des approches évolutives et fondées sur le marché pour transformer l’économie des soins et mobiliser des capitaux d’investissement à impact pour permettre à ces entreprises d’accroître leur impact.  

Renforcer la capacité des entreprises à avoir un impact sur l’égalité des genres  

La clé du succès de l’investissement dans une optique sexospécifique réside dans l’existence d’entreprises prêtes à investir, motivées par un objectif précis et qui font effectivement progresser l’égalité des genres.  

Le réseau Aspen Network of Development Entrepreneurs a accordé des subventions à six projets de recherche appliquée axés sur des pratiques, des outils ou des cadres pour mesurer et améliorer l’incidence d’une entreprise sur l’égalité des genres et l’inclusion. Impact Hub, un grand réseau d’accélérateurs, a bénéficié de l’une de ces subventions. Les accélérateurs sont des programmes qui donnent accès à un mentorat, à des investisseurs et à d’autres formes de soutien commercial pour aider à la croissance des entreprises.   

En collaboration avec l’école de commerce INCAE, basée au Costa Rica, Impact Hub a déterminé comment les différences entre les genres se manifestent à chaque étape de l’accélération : de la conception à la promotion et du repérage à l’exécution du programme. Les résultats de cette recherche sont présentés dans une boîte à outils, que le réseau utilise maintenant pour comprendre les défis qui empêchent les femmes entrepreneurs de se lancer dans les premières phases de l’entreprise et pour supprimer l’insensibilité à la dimension de genre qui limite l’accélération. 

Un autre exemple de l’aide apportée par le CRDI pour accroître le nombre d’entreprises qui contribuent à l’égalité entre les genres est la Coalition pour l’aide à la recherche sur les entreprises intelligentes du point de vue du genre. Six investisseurs d’impact ont formé cette coalition pour améliorer la manière dont leurs portefeuilles d’entreprises intègrent les considérations de genre dans leurs modèles économiques.  

Créer un environnement favorable aux entreprises à but précis 

Le CRDI a forgé des alliances avec des chercheurs, des investisseurs, des entreprises d’impact et des responsables des politiques afin de créer un écosystème propice aux entreprises à but précis et d’orienter leurs contributions à l’inclusion sociale et à l’action climatique. 

Les marchés publics constituent un moyen important d’obtenir cet effet de transformation, en raison de l’important pouvoir d’achat dont disposent les gouvernements. Les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques montrent que les marchés publics représentent environ 17 % des économies d’Amérique latine. S’appuyant sur des travaux antérieurs avec l’Organisation des États américains, le CRDI soutient la recherche sur la façon dont les gouvernements peuvent utiliser les marchés publics de manière stratégique, non seulement pour acheter des biens et des services, mais également pour remédier aux lacunes de l’économie et de la société. La Banque interaméricaine de développement et Sistema B, l’homologue latino-américain de B Lab, participent également à l’élaboration d’études de cas, à l’évaluation de projets pilotes et à la production de boîtes à outils sur les marchés publics stratégiques, notamment dans une optique sexospécifique.  

Un projet parallèle mené avec le Secrétariat général ibéro-américain et le Programme des Nations Unies pour le développement explore également les moyens de soutenir les entreprises à but lucratif à l’aide de la réglementation, de la politique fiscale et de nouvelles formes juridiques de la constitution d’entreprises afin d’inscrire la recherche du bien public dans les statuts des sociétés.   

La prochaine génération de chefs d’entreprise 

Le soutien de longue date du Centre à Sistema B a contribué à la création d’une communauté de pratique qui réunit des entreprises, des chercheurs et des universitaires pour favoriser le changement. Leur succès a conduit à la création d’Academia B, qui évolue maintenant vers le réseau mondial B Academics. Un exemple de ce type de collaboration est la recherche financée par le CRDI, menée par B Lab et Sistema B, qui documente le potentiel régénérateur des sociétés certifiées B dans les zones naturelles dégradées, au profit des communautés qui dépendent de ces écosystèmes.  

Au-delà de la recherche, Academia B a montré que les écoles de commerce et les universités peuvent jouer un rôle important dans la formation de la prochaine génération de chefs d’entreprise grâce à l’enseignement qu’elles dispensent.  

En outre, l’École de commerce Telfer de l’Université d’Ottawa au Canada, a développé la cadre Gender-Smart Entrepreneurship Education et Training Plus pour rendre les programmes d’éducation et de formation en matière de commerce et d’entrepreneuriat plus accessibles aux femmes. Avec le soutien du CRDI, Women’s Economic Imperative collabore avec cette école de commerce canadienne pour tester et adapter le cadre et la fiche d’évaluation au Pérou, au Mexique, au Nigeria et au Kenya. 

Une autre subvention permet au Tecnológico de Monterrey, au Mexique, d’examiner les programmes actuels d’enseignement supérieur en Colombie, au Pérou et au Mexique en matière d’investissement d’impact et d’éducation et de formation commerciales, afin de favoriser le mouvement d’impact en plein essor dans ces marchés émergents. 

Le CRDI s’est engagé à renforcer le rôle du secteur privé dans la réalisation d’économies plus durables, équitables et inclusives dans les pays en développement. Grâce à des recherches sur la mesure, l’investissement dans une optique sexospécifique, les outils permettant de rendre les entreprises plus inclusives, la réglementation des politiques, l’éducation et la formation, il génère des données probantes de qualité dont toutes les parties prenantes ont besoin pour atteindre cet objectif. 

Faits saillants

  • Les recherches appuyées par le CRDI contribuent à orienter le mouvement croissant des entreprises et des investisseurs axés sur les objectifs vers un impact plus grand.  

  • La connaissance et l’innovation génèrent les outils et les stratégies dont le secteur privé a besoin pour contribuer à l’égalité des genres, à l’inclusion, à la durabilité et à l’action climatique.  

  • Les alliances avec les chercheurs, les entreprises et les investisseurs privés, ainsi que les décideurs politiques améliorent l’environnement des entreprises à impact, grâce à des changements dans la politique gouvernementale et l’enseignement universitaire.