De nouveaux projets abordent les répercussions socio-économiques de la COVID-19 sur les populations vulnérables

21 septembre 2020

Quels sont les programmes les plus efficaces pour protéger les travailleurs informels en Amérique latine contre les effets de la pandémie de COVID-19? Quels sont les plans de relance qui aideront les pays africains à reconstruire des économies plus inclusives et plus vertes? Quelles interventions permettront d’assurer la sécurité des réfugiés rohingyas et des collectivités voisines au Bangladesh pendant et après la pandémie?

 

Joba Akter works as a fruit vendor in Dhaka, Bangladesh. She is wearing a mask to avoid the spread of COVID-19.
UN Women/Fahad Abdullah Kaizer
 

Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses questions de recherche abordées dans le cadre de 21 nouveaux projets – la recherche se déroulant dans 42 pays – afin de comprendre les répercussions socio-économiques de la pandémie, d’améliorer les réponses existantes et de générer de meilleures options en matière de politiques pour la reprise.

Cette initiative de soutien rapide de 25 millions de dollars canadiens sur trois ans se concentre sur les populations et les régions les plus touchées tout en cherchant à faire progresser l’égalité des genres et à s’attaquer aux façons dont la pandémie de COVID-19 a aggravé les vulnérabilités existantes.

La recherche sera axée sur les politiques économiques visant à atténuer les répercussions et à favoriser la reprise, sur les efforts de protection des entreprises informelles, des petits producteurs et des travailleuses, et sur des approches démocratiques pour promouvoir la responsabilité, l’inclusion et l’engagement civique.

 

Politiques économiques de soutien et de reprise 

 

L’Institut cambodgien de ressources du développement (Cambodia Development Resource Institute) dirige un consortium qui étudie les effets des politiques sur les travailleuses et les petits entrepreneurs vulnérables, afin d’éclairer les politiques et les initiatives de la phase de redressement au Cambodge, au Laos, au Myanmar et au Vietnam.

L’initiative de l’Overseas Development Institute (ODI) produit des données, des analyses et des conseils pour les pays durement touchés que sont le Bangladesh, le Pérou, le Sri Lanka et la Tanzanie, afin d’aborder la récession causée par la COVID-19, ainsi que le rétablissement, d’une manière inclusive, durable et fondée sur l’égalité des genres.

Le Consortium pour la recherche économique en Afrique (AERC) mène des recherches en Éthiopie, au Kenya, au Sénégal, en Afrique du Sud et en Zambie afin d’évaluer les effets économiques inégaux et sexospécifiques de la pandémie, notamment l’insécurité alimentaire et la malnutrition, dans le but de proposer des réponses stratégiques.

  • Atténuer les répercussions socio-économiques de la COVID-19 et promouvoir la résilience postpandémique en Ouganda

L’Economic Policy Research Centre (EPRC) produit des données probantes concernant l’incidence de la pandémie sur les micros, petites et moyennes entreprises, et en ce qui a trait à l’efficacité de la réponse gouvernementale pour soutenir la reprise économique en Ouganda.

Dirigée par le South African Institute of International Affairs, cette recherche sur les options en matière fiscale, monétaire et de programmes dans six pays vise à soutenir une reconstruction économique résistante au climat et durable qui intègre les groupes vulnérables.

 

Protéger les entreprises informelles, les petits producteurs et les femmes qui travaillent

 

Par une enquête à grande échelle portant sur les travailleuses domestiques, les travailleuses à domicile, les vendeuses de rue et les ramasseuses de déchets dans 10 villes du monde, ce projet vise à éclairer les politiques et les mesures visant à protéger les femmes travaillant dans le secteur informel.

  • Les économies au-delà des situations d’urgence : évaluation des répercussions des réponses politiques à la COVID-19 sur les travailleurs informels en Inde, au Kenya et en Ouganda

L’International Center for Research on Women analyse les répercussions sexospécifiques de la pandémie – notamment le risque accru de violence sexiste – dans trois pays, afin de concevoir un programme réalisable qui soutient les femmes travaillant dans l’économie informelle.

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar étudie l’impact de la pandémie sur les petites entreprises informelles au Bénin, au Cameroun, au Maroc, au Niger et au Sénégal, en accordant une attention particulière aux défis spécifiques auxquels sont confrontées les femmes et aux possibilités de soutien adapté.

Ce projet produira des données probantes pour atténuer l’impact de la pandémie sur les systèmes agroalimentaires et pour renforcer le secteur au Chili, en Colombie, en Équateur et au Guatemala.

Le Groupe d’analyse pour le développement (Grupo de Análisis para el Desarrollo) met à l’essai des innovations en matière de politiques dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, les services de l’emploi et les systèmes de protection sociale afin de soutenir l’activité économique et protéger les travailleurs et les petits producteurs en Équateur et au Pérou ainsi que dans un pays d’Amérique centrale (à déterminer).

Dirigé par l’Istitute of Policy Analysis and Research du Rwanda, un consortium recueille des données sur l’impact de la pandémie auprès de milliers de ménages et d’entreprises afin de permettre aux décideurs politiques d’améliorer les mesures de soutien socio-économique.

Le Sustainable Development Policy Institute dresse la carte des petites et moyennes entreprises formelles et informelles au Pakistan et évalue l’efficacité d’un plan de relance pour atteindre ces entités, soutenir les moyens de subsistance et assurer la sécurité alimentaire.

À l’aide de modèles de simulation, le Partenariat en politiques économiques mène des recherches dans 14 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine afin d’analyser les répercussions de la pandémie sur la pauvreté et l’inégalité des ménages ainsi que l’efficacité des diverses réponses en matière de politiques.

Afin de comprendre les répercussions socio-économiques de la pandémie, notamment la prévalence de la violence domestique, en particulier chez les personnes du secteur informel et les jeunes, et d’améliorer les politiques publiques, le Centre ivoirien de recherches économiques et sociales évalue les changements récents en matière d’activités, de revenus, de consommation et de bien-être dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest.

Un consortium dirigé par le réseau Research ICT Africa examine le rôle de la numérisation pour rendre les entreprises informelles plus visibles, protéger les travailleurs et les petits producteurs, et soutenir l’accès, inclusif et fondé sur l’égalité des genres, aux secours et aux services pendant la pandémie dans six des économies émergentes du monde.

 

Promouvoir la responsabilité, l’inclusion et l’engagement civique  

 

L’École Africaine d’Économie mène des recherches pertinentes en matière de politiques sur les effets de la pandémie dans le secteur informel, par exemple le commerce de détail dans les marchés publics, et sur l’évolution des schémas de violence et les attitudes envers l’État dans trois pays africains.

Un consortium dirigé par l’Initiative arabe de réforme (ARI) évalue les répercussions de la pandémie en fonction du genre ainsi que les programmes d’intervention, notamment les initiatives communautaires et les mécanismes de surveillance citoyenne en matière de protection sociale en Égypte, en Jordanie, au Liban et en Tunisie.

L’Université Brac s’appuie sur la collaboration entre les réfugiés rohingyas, les communautés d’accueil et les organismes humanitaires au Bangladesh pour cocréer des approches permettant de réduire les risques en matière de sécurité et sûreté pour les groupes vulnérables, pendant et après la pandémie.

L’Asociación de Investigación y Estudios Sociales mène des recherches au Salvador, au Guatemala et au Honduras afin d’identifier et de relever les défis auxquels sont confrontés les migrants de retour dans ces pays en matière de réinsertion professionnelle et de violence sexiste.

L’organisme Asuntos del Sur dirige un consortium qui étudie les répercussions de la pandémie sur les relations sociales, la confiance entre les groupes et l’action collective pour une meilleure responsabilisation et de nouveaux modèles et approches équitables pour faire participer les citoyens dans six pays d’Amérique latine.

  • La COVID-19 et la question de la jeunesse en Afrique : impact, réponse et mesures de protection 

Dirigé par l’Organization for Social Science Research in Eastern and Southern Africa, ce consortium analysera les effets de la pandémie sur les jeunes hommes et femmes et renforcera la capacité de ces jeunes à contribuer aux efforts d’intervention et d’atténuation en Éthiopie, au Kenya et en Ouganda.

 

Par l’intermédiaire de cette initiative, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) offrira également des possibilités de renforcer les capacités en cas de besoin, de promouvoir l’apprentissage par les pairs parmi les partenaires de recherche et de fournir un soutien à l’application des connaissances. Ce soutien renforcera les efforts visant à atteindre les acteurs concernés, au sein des administrations gouvernementales et dans d’autres secteurs, qui peuvent mettre en place les mesures nécessaires pour protéger ceux qui souffrent le plus et pour assurer l’équité et la durabilité pendant la période de redressement.

La réponse du monde à la pandémie de COVID-19 doit garantir l’égalité des genres, les droits et l’inclusion, ainsi que la durabilité et la résilience environnementales. Des réponses fondées sur des données probantes peuvent soutenir ces efforts et contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable.