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Quand Tony Muhumuza a été nommé au poste d’économiste national de l’Ouganda pour le Programme des Nations Unies pour le développement, il était conscient de la grande responsabilité associée à son nouveau rôle d’analyste des politiques et de conseiller. Bien qu’ayant décroché ses diplômes de maîtrise et de doctorat en économie grâce au soutien du Consortium pour la recherche économique en Afrique, un organisme financé par le CRDI, et travaillé comme chercheur universitaire pour l’Economic Policy Research Centre, établi en Ouganda, il savait que l’établissement de liens entre la recherche et les politiques dans le domaine de l’économie représentait un défi important.

Estimant qu’il n’avait pas l’expertise requise pour approcher les décideurs aux plus hauts échelons du gouvernement, il a obtenu de la formation supplémentaire sur la sensibilisation à la recherche auprès du Consortium pour la recherche économique en Afrique. « Cette formation m’a donné l’assurance nécessaire pour parler aux décideurs de l’utilisation des données probantes dans le processus décisionnel », dit-il.

M. Muhumuza illustre l’engagement du Consortium à encourager la recherche et la formation sur les politiques économiques en Afrique. Il est bénéficiaire des deux principaux programmes du Consortium, soit le programme de formation en économie appliquée spécialisée et le programme de bourses de recherche qui permet de former des chercheurs africains aux méthodologies reconnues à l’échelle internationale et à l’établissement efficace de liens entre la recherche et les politiques. Le programme offre également mentorat et soutien.

Former les meilleurs économistes de l’Afrique

Lorsque le Consortium pour la recherche économique en Afrique a été formé en 1988 à Nairobi, au Kenya, dans le cadre d’un projet du CRDI, la notion de « politiques fondées sur des données probantes » n’était pas encore répandue sur ce continent. Il y avait une importante pénurie d’économistes locaux bien formés et capables de réaliser des recherches axées sur les politiques en vue de guider les décideurs africains.

Le Consortium a réussi à former une nouvelle génération d’économistes et de décideurs. Le programme de formation du Consortium a produit plus de 2 700 diplômés au niveau de la maîtrise et 400 au niveau du doctorat. La plupart ont obtenu des postes importants de décideurs ou ont été embauchés par des universités publiques. Le programme est parvenu à ces résultats en travaillant de concert avec des universités de tout le continent afin d’offrir des programmes d’études de cycle supérieur et de soutenir les travaux de recherche associés à des thèses de doctorat. « La plupart des départements d’économie des universités africaines misent sur des enseignants formés par le Consortium pour la recherche économique en Afrique », explique Innocent Mashe, directeur de la formation pour le Consortium pour la recherche économique en Afrique. Aikaeli Jehovaness, qui est titulaire de la chaire d’économie de l’université Dar es Salaam, en Tanzanie, affirme que plus de 80 % des membres de son équipe sont diplômés des programmes de formation du Consortium ou enseigne dans ces programmes.

Bon nombre des acteurs de la scène des politiques au sein d’organisations gouvernementales et non gouvernementales avec qui M. Muhumuza travaille sont d’anciens étudiants du Consortium. « J’ai fait la connaissance de Patrick Birungi, directeur de la planification du développement de la National Planning Authority de l’Ouganda, à la table ronde sur les politiques entourant le plan national de développement de l’Ouganda », raconte M. Muhumuza. « Je lui ai présenté nos recommandations et j’ai réalisé que mon travail était grandement simplifié du fait qu’il était lui aussi un ancien du Consortium. Il comprend le processus de recherche et son application pratique aux politiques.

Encourager la recherche pertinente sur le plan des politiques

Grâce à de petites subventions et à des activités de recherche collaborative, l’AERC a encadré plus de 3 400 chercheurs africains issus de 25 pays. L’approche souple du Consortium permet d’améliorer les compétences techniques des chercheurs locaux, d’établir les priorités régionales en matière de recherche, et de renforcer les institutions nationales concernées par la recherche sur les politiques économiques. Environ 300 chercheurs ont participé à des projets de recherche collaborative et autres. Ces projets ont produit des données probantes sur de nombreux aspects du développement économique en Afrique subsaharienne, de la politique monétaire au commerce et à la santé, en passant par l’agriculture. Un projet sur les relations entre la Chine et l’Afrique est un exemple de projet appuyé récemment par le CRDI. Dans le cadre de ce projet, on a publié plus de 50 articles portant sur les répercussions nationales et sectorielles de la relation avec la Chine, et les occasions et les défis pour le développement de l’Afrique.

Selon Olu Ajakaiye, un ancien directeur de la recherche du Consortium pour la recherche économique en Afrique, « on n’exagère pas en affirmant que sans le projet de recherche collaborative sur la pauvreté du Consortium, de nombreux pays africains n’auraient pu produire et mettre en application les documents stratégiques sur la réduction de la pauvreté qui sont de plus en plus exigés par la communauté des bailleurs de fonds ». C’est notamment grâce à la défense et à la mise en oeuvre efficace de ses documents stratégiques sur la réduction de la pauvreté que l’Ouganda est parvenu à réduire la proportion de sa population vivant sous le seuil de pauvreté national, laquelle est passée de 56 % en 1992-1993 à 19,7 % en 2013.

Aujourd’hui, le défi consiste avant tout à innover pour favoriser la renaissance économique de l’Afrique afin de la rendre plus inclusive et durable », soutient Lemma Senbet, directeur exécutif du Consortium pour la recherche économique en Afrique. La formation donnée par le Consortium fait appel à des méthodes internationales afin de donner aux jeunes dirigeants de l’expérience pratique en gestion économique et de leur fournir les connaissances et les compétences dont les économistes ont besoin de nos jours. La formation hautement cotée est donnée par des universitaires internationalement reconnus de l’Afrique et d’ailleurs dans le monde.

J’ai eu la chance d’interagir avec les formateurs et les étudiants. J’ai aussi participé à des ateliers de recherche pour évaluer de nouvelles propositions et examiné des recherches revues par les pairs », raconte Robin Sannassee, un conseiller principal en matière de politiques associé au milieu universitaire de l’île Maurice. « Je sais que le Consortium pour la recherche économique en Afrique est capable d’aborder les préoccupations relatives aux politiques économiques de l’Afrique sans trop dépendre d’experts externes. »

Le Consortium est à l’avant-garde du renforcement des capacités locales visant à réaliser des études indépendantes et rigoureuses sur les défis économiques de l’Afrique subsaharienne, mais ces réalisations n’ont pas profité à tous les pays de la région. Des États fragiles en situation d’après-conflit n’ont toujours pas profité des travaux du Consortium autant que d’autres pays. Cela s’explique avant tout par la nature très compétitive du cadre de développement des capacités du Consortium. Pour combler cette lacune, le Consortium a mis sur pied un programme de formation et de recherche soutenu par le CRDI, qui vise à former des leaders en matière de gestion économique dans les pays fragiles en situation d’après-conflit.

Regardez un documentaire sur l’origine et la croissance du Consortium pour la recherche économique en Afrique, ainsi que sur ses réalisations.

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La croissance économique et les stratégies gouvernementales ont permis de réduire la pauvreté en Chine, mais la situation demeure difficile pour les populations rurales et les membres des groupes minoritaires. Notre financement aide les chercheurs à trouver des solutions — pour la croissance économique, les enjeux liés à la gouvernance et à la justice, les préoccupations liées à la santé et les changements climatiques.

Compte tenu de l’influence politique croissante de la Chine dans le monde, nous avons apporté notre appui au gouvernement du pays qui s’intéresse à l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes et sur l’apport de la population. Ainsi, les travaux sur l’élaboration participative des budgets publics ont incité certaines administrations locales à adopter des processus plus transparents pour l’établissement de leur budget et à accroître la reddition de comptes à ce sujet.

Prévention de la transmission du VIH 

Afin de réduire la transmission du VIH en Chine, un projet de recherche financé par le CRDI utilise la modélisation mathématique pour influer sur les politiques locales et nationales en la matière. Cette aide contribue à prévenir la transmission du VIH par les personnes séropositives pour le VIH en Chine. Le ministère de la Santé et le Centre de lutte contre les maladies de la Chine ont décidé de faire passer les traitements préventifs à grande échelle afin de réduire la transmission du VIH. 

Les modèles mathématiques produits par les chercheurs ont aussi aidé les responsables de la santé publique à améliorer le processus décisionnel fondé sur des données probantes et à déterminer si les taux d’infection au VIH sont en hausse ou en baisse. Des chercheurs ont mis au point des modèles permettant de mieux prédire les taux d’incidence. Les résultats ont indiqué que le taux d’incidence annuel était supérieur aux estimations nationales, ce qui a conduit le ministère de la Santé de la Chine à réévaluer ses estimations de 2013.

Innovations en matière de pratiques culturales 

Les recherches que nous avons appuyées pendant deux décennies ont donné lieu à l’adoption de pratiques agricoles novatrices en Chine. Par exemple, des chercheurs canadiens et chinois ont mis au point un téléphone mobile pouvant faire tourner des applications qui fournissent de l’information précieuse, notamment en ce qui concerne les prix de gros des aliments, aux agriculteurs pauvres. Les chercheurs tentent également de trouver des mécanismes susceptibles d’aider les agriculteurs à s’adapter aux perturbations des régimes hydriques, entre autres, aux sécheresses et aux inondations.

Au cours de recherches antérieures menées dans le sud du pays, des phytosélectionneurs ont travaillé de concert avec des agriculteurs qui connaissaient bien les variétés locales de maïs et de riz. Ensemble, ils ont amélioré les rendements, les revenus et l’apport calorique des collectivités agricoles. Les autorités chinoises ont ensuite préconisé l’adoption de leurs méthodes dans l’ensemble du pays.  

Total IDRC Support

Depuis 1981, le CRDI a financé 260 activités d’une valeur de 54,2 millions CAD

Enfants lisant des livres dans une salle de classe en Chine.
BANQUE MONDIALE / S.Harris

Grâce à l’appui du CRDI :

  • les chercheurs locaux renforcent leurs capacités en matière d’analyse économique et de recherche appliquée;
  • les résultats des recherches sont communiqués et la participation au débat public encouragée à l’aide du renforcement des compétences et des connaissances;
  • une gestion efficace des ressources en eau est mise en place dans les hautes terres d’Asie en réponse aux changements climatiques;
  • les avantages des investissements chinois au Laos et au Cambodge sont maximisés et leurs effets négatifs s’atténuent. 

Projets

Explorez les projets que nous appuyions dans cette région.

China

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Uganda

Tanzania

Photo : UNU-WIDER